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Workshop art et design interactif au Wuhan Institute of Design and Science

Cette année en avril 2026, Julien Taïb, Producteur et curateur à Crossed Lab ainsi que Jano Ha, développeur Unity, ont fêté à Wuhan 10 ans de coopération avec WIDS (Wuhan Institute of Design and Science). Cela s’est traduit par la formation de centaines d’élèves des domaines du Design interactif, de arts dans l’espace public, du cinéma ou des études internationales en faveur de productions d’art numérique.
Cette année, le thème est l’art en milieu hospitalier. Nos promotions ont livré plusieurs productions.

 

À Crossed Lab on nous fait l’honneur depuis dix ans maintenant de nous inviter au Wuhan Institute for Design and Science, afin de transmettre et de former de jeunes artistes et designers chinois aux arts hybrides. On y forme des élèves en Design interactif, des élèves en arts appliqués, en création 2D/3D, en cursus « Business english », autant de groupes constitués que nous accompagnons dans la conception et la réalisation de leurs projets de fin d’étude. « nous »: à minima Jano Ha, senior developer Unity, « niveau légende » comme on le connaît dans le métier, pour sa maitrise créative de l’outil, sa réflexion multi et transmédia ainsi que son appétence à transmettre. Il y a eu aussi Joan Giner, Victorien Pangaud, Les Nonotak, Jérôme Duval, Harold Désert-Legendre, autant de talents qui articulent techniques de pointe, compétences technologiques et créativité débordantes. Pour ma part, c’est une approche de l’art et de la technologie que je transmets, des principes de conception curatoriale, et un plaisir du travail en équipe. Les résultats: des installations interactives dans l’espace public, dans des centres d’art, dans des centres commerciaux, et dans un hopital pour cette année. Les jeunes artistes s’adaptent au contexte, donnent de la densité à leur projet artistique et technologique avant de s’atteler à le réaliser.

Sur dix années d’accompagnement, nous y avons vécu des moments d’exception, des moments de doute, parfois d’incompréhension, mais avant tout des moments d’écoute mutuelle, d’échange de cultures, de grande curiosité, de passions exprimées. Sortis des usages de la production et curation artistiques françaises et par extension européennes, on s’aperçoit de nos expertises respectives, de notre polyvalence à traiter dans le désordre architecture, concept artistique, design, scénographie, solutions logicielles et matérielles technologiques, menuiserie, métal, IA et autres mondes au profit d’idées à incarner.

Le tout parfois en 3 semaines ou un mois entre brainstorming et diffusion de l’oeuvre, nous rappelant l’adage « ils ne savaient pas que c’était impossible alors ils l’ont fait ».

 

C’est aussi des moments d’exception pour prendre un peu de distance face aux grands récits officiels, les leurs comme les nôtres, à ces peurs et crispations systématisées pour différentes raisons qui ont pour effet la distance, la méfiance de l’autre, et souvent une autocensure délétère pour la création. Cette peur, contexte économique, politique, vais-je pouvoir vivre de mon activité d’artiste, l’IA nous prendra-t-elle un travail déjà bien difficile à décrocher… semble internationale. Mais personne ne pourra vous prendre votre obsession et votre passion à produire, pour vous et votre entourage, le choc esthétique.

Comme le dit Jackie Chan, parrain du WIDS, « Je n’ai jamais voulu être le prochain Bruce Lee. J’ai juste voulu être le premier Jackie Chan. » Le chemin vers la singularité n’est peut-être pas ce point de non retour où la machine dépasse l’homme, mais celui où l’on sait ce que l’on peut apporter à soi comme aux autres.