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News – janvier 2015

Crossed lab est un bureau de production et de diffusion dédié aux créations numériques.

Les projets que nous accompagnons glissent à la frontière des arts et des genres, entre art technologique et art de la technologie, nous cherchons, expérimentons cette nouvelle forme qui révolutionne bien au-delà des genres artistiques.

L’Autre c’est moi
L’art et la culture, en nous présentant l’Autre, nous renvoient à nous-mêmes. Nous sommes des miroirs les uns pour les autres, et l’on s’attire ou se repousse sur nos propres recherches ou peurs d’être. Toutes les relations, qu’elles soient entre individus, d’une même communauté ou non, avec une oeuvre artistique, quel qu’en soit son genre, fonctionnent sur ce même principe.

Alors il faut se mettre le cerveau à l’envers, car accepter l’altérité, ce n’est pas forcément la comprendre, au sens premier de cum prehendere – prendre avec (soi), c’est d’abord considérer qu’il existe d’autres points de vue. Dans l’art ou toute recherche de l’Autre, on ne vient pas forcément pour se conforter dans ce que nous sommes, mais pour éprouver notre différence devant ce qui nous dépasse, nous défie, nous remet en cause parfois si profondément que ça en devient choquant. Alors l’énervement vient, le déni, la colère, ou à l’opposé, l’humilité, la gratitude et la recherche encore plus approfondie de soi. Un choix moins facile, certes, mais c’est bien ce qui nous passionne dans l’Art, les concerts, les livres, au théâtre, dans les sculptures ou les installations …

Enfin comment parler de cela ? En ce moment, il est délicat d’utiliser certains mots si usuels, si théoriquement évidents comme liberté, culture, République.

Nous nous rendons compte que, paradoxalement, nous avons oublié de continuer de les définir, de les faire évoluer en considérant leurs nouveaux besoins dans ce monde si rapide et de les transmettre. Nous avons avancé depuis 60 ans sans nous poser réellement de questions. Aujourd’hui, c’est une société qu’il faut revoir (voir à nouveau, voir encore), des ”modèles” qu’il faut redéfinir (cf Zinc – Janvier 2015), des valeurs qu’il faut, non pas refonder, car nous avons vu récemment à quel point elles sont toujours largement reconnues par notre peuple, mais affirmer haut et sans crainte. C’est un combat sûrement, et les enjeux ‘P’olitiques sont aussi fondamentaux que complexes. Alors que les budgets à la culture et l’éducation sont les premières victimes des équilibrages budgétaires actuels, quel projet de société nous est-il proposé, quel projet proposons-nous ?

Il faudra du temps pour pouvoir parler, le temps de la réflexion peut-être contre celui de l’impulsivité assassine. Pour le temps de penser, ce dont je me souviens, par exemple, c’est que déjà gamine, je ne comprenais pas que l’on tue ou emprisonne des écrivains, artistes, journalistes ou autre pour leurs idées et décidais de travailler à leurs côtés. Adulte, l’équation n’a toujours pas changée et la violence du choc reste identique. Le résultat aussi : penser des valeurs, les proclamer, et se les appliquer, ce qui est parfois le plus difficile travail.

Surtout, continuer de partir à la découverte de l’Autre, de ce qui nous dérange et nous fascine, apprendre, d’être curieux toujours.

Alors :
Jouons de nos illusions
Mêlons nos visions
Pénétrons dans un cerveau à 6 faces

A bientôt, ici ou là…

Merryl Messaoudi