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Festival Chronique-s par Seconde Nature & Zinc

Le festival Chronique-s avait pour thème de cet Acte 1 Irisations, pour laquelle les organisateurs nous ont délectés d’une programmation toute en couleur et en vertigineuse perspective.

A la Fondation Vasarely, Niki Assman présentait notamment Solace : une machine cinétique à créer des écrans de savon. Selon l’éclairage, on se voit parfois dans cet écran, sorte d’écran de vanités, où l’on se regarde dans ces si belles couleurs, avant que tout cela n’éclate, éphémère existence … La 2de proposition d’éclairage inondait la pièce de reflets irisés, instant magique ! A voir également le in situ franchement réussi d’Etienne Rey avec Trame, longues branches motorisées de miroirs reflétant les oeuvres de la Fondation, elle y prend ici tout son sens.
Verena Friedrich présentait elle The long now, une bulle de savon en suspension fragile, qu’un rien imperceptible laissera éclater. Inlassablement, la machine recréera une autre bulle, magique à contempler.
Herman Kolgen nous a aussi offert une performance très réussie de Seismik, toujours aussi prenante, terrible et magnifique dans un continuum d’images 3D superbes et de tableaux de données autant incompréhensibles qu’effrayants. On y voit la représentation de la puissance de la Terre en pleine vie, on réalise alors qu’elle ne fait que bouger, se répondre d’un endroit à l’autre, se mouvoir ici et se détendre là. L’installation dans la pièce attenante trace en quatre espaces un sismographe, représentation visuelle et sonore et en mouvement du monde.
Impossible à prendre en photo, mais impressionnant; Haptic de Hiroaki Umeda, une projection pour paupière : on s’installe dans ce qui pourrait être un siège d’ophtalmologiste et, paupières fermées, une machine nous projette alors sur les yeux ce qui se révèle comme auras intenses de couleurs, points ou lignes, sous une bande sonore à écouter au casque. La posture nous conduit à l’écoute de tous nos sens pour ce spectacle hyper personnel d’un autre type !

Enfin la pièce infinie de Refik Anadol à voir à la Cité du Livre entraîne dans une vision vertigineuse : à regarder vers le haut, on se sent petit et perdu, à regarder vers le bas, c’est le vide qui nous happe et nous attire.

Loin d’être des pièces de démonstration technologiques, les oeuvres présentées font preuve de poésie, nous ouvrent véritablement sur de nouvelles perspectives en nous émerveillant de petits riens, de reflets évanescents, retour vers une âme d’enfance, et il faut souvent regarder ailleurs pour voir le vrai propos des artistes. Rare !