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Transmutation de base ::: Aniara Rodado / J-M Chomaz

Aniara Rodado

Chorégraphe, artiste et chercheuse

La standardisation du vivant dans le monde actuel est la principale problématique abordée dans mon travail.

Depuis des années, je travaille régulièrement avec des réseaux engagés dans la culture libriste en France et en Amérique latine. Je suis artiste résidente au LadHyX (Laboratoire de mécanique des fluides) de l’École Polytechnique de Paris-Saclay, en association avec le physicien Jean-Marc Chomaz, pour la création d’une série chorégraphique autour de la crise écologique actuelle.

Je fais partie de l’Unité de recherche Numérique/ TacticLab de l’ENSBA de Lyon – consacrée à l’étude théorique et pratique des enjeux éthiques et esthétiques des cultures numériques – et doctorante en sciences et arts à l’École Polytechnique de Paris-Saclay.

Transmutation de base
Installation chorégraphique

On dit que les plantes viennent te chercher et que par ce temps de crises environnementales et d’excès humains elles ne tournent pas autour du pot, elles t’appellent et, en quelque sorte, te montrent le chemin à suivre pour mieux comprendre notre rapport au vivant.
Les odeurs qu’elles exhalent sont un pont tendu entre elles et les autres espèces y compris la notre. Dans Transmutation de base, par les émissions olfactives de 6 grands distillateurs en fonctionnement dans l’espace de l’installation, ces informations chimiques sont amplifiées, concentrées et émises à fin d’éveiller chez le spectateur, des souvenir mais aussi des mémoires enfouis dont certaine sont plus anciennes que nous. Ainsi le signal olfactif d’odeurs qui nous sont pourtant inconnues déclenche dans la partie la plus ancienne de notre cerveau, en dehors de toute interprétation par une zone du cortex, un réaction primitive, une émotion venue d’au delà de notre propre histoire personnel. L’installation met alors en oeuvre une forme première de communication entre les cellules vivantes, un espace à explorer de nos sens et de notre pensée, un autre langage-action partagé par les arbres, les insectes, les organismes monocellulaires.

Souvent en compagnie des plantes et de leurs molécules odorantes, les sorcières, les alchimistes et les chamans ont développée, dans différentes cultures et contextes, leur savoir et leurs techniques, à fin de dépasser la matière et d’accéder à d’autres réalités. L’installation transmutation de base convoque ces figures transformatrices, exotiques et souvent marginalisés, toujours singuliers et en résistance, et demande aux molécules odorantes de performer.

L’installation engage le spectateur dans une triple archéologie de la mémoire, liée à ses propres expériences passées, à une mémoire cellulaire et une généalogie d’une culture populaire qui a refusée l’oubli, la flamme des buchers, le sang de conquête et le déluge de la colonisation.

Dans Transmutation de base nous souhaitons inviter le spectateur à réintégrer son propre corps en expérimentant l’environnement autrement. De voyant aveuglé par sa projection mentale de l’espace, prisonnier de son point de vu d’observateur, camera obscura d’une réalité qu’un trou d’épingle inverse sur le mur de la caverne, nous proposons un voyage intérieur rendu possible grâce à l’univers des odeurs. Ainsi sur ce chemin percevra-t-il les échos lointains du vivant, les vibrations oubliées du temps où il était une plante.

Co-production
Compagnie Aniara Rodado, Laboratoire d’hydrodynamique LadHyX – CNRS – Ecole Polytechnique

Avec le soutien de
Association Utopiana (Genève-Erevan) Rural Scapes (Brésil) Artlabo (Association Ping Nantes) Platohedro (Medellin-Colombie) et Armen Sahakyan Département of study of history of naturel and médicale science Matenaradan Scientifique recherche Institut of Anciens manuscrits, Chaire développement durable EDF-Ecole Eolytechnqiue, Fondation Daniel et Nina Carasso, Laboratoire d’excellence des sciences de l’ingénierie et des systèmes (La Sips) de l’Université Paris-Saclay.

Diffusion
Click Festival – Denmark